Rendez-vous avec la lune aux chutes d’Iguaçu, Argentine

Mon guide locale de Foz do Iguaçu, Véronica, m’avait prévenu : approcher les chutes d’Iguaçu du côté argentin ne pouvait être une randonnée comme les autres.
Il était impératif pour elle de les voir autrement, à sa façon, c’est à dire en évitant la balade rapide et superficielle, la faune touristique, les photos prises à la va-vite et les clichés de Mr tout le monde. Il fallait se laisser surprendre et s’imprégner de la magie de l’endroit.
Elle avait raison. Et je lui suis encore aujourd’hui reconnaissant.
A la nuit tombée, vers 22h, je me suis donc retrouvé en sa compagnie à l’entrée du parc national. En pleine forêt, dans la douce moiteur de l’hiver, on pouvait entendre le chant des oiseaux nocturnes. Nous marchions vers je ne sais où, nos pas faiblement éclairés par la lueur d’une lampe timide.
Mais parfois, en levant la tête, j’avais l’impression étrange que nous étions guidés, comme happés par une lumière lointaine qui transperçait le sombre feuillage et semblait nous attirés vers le murmure pénétrant des chutes d’eau.

A la sortie de la forêt, le spectacle lunaire était là.

Saisi par cette beauté inhabituelle et extraordinaire, je traversais la passerelle, jetée au dessus du fleuve Parana, vers la « garganta del diablo » (gorge du Diable).
La Lune n’arrêtait pas de me fixer. Ou était-ce moi qui ne pouvait dégager mon regard de sa luminescence.
J’avais en face de moi ce disque lumineux qui éclairait toute l’immensité des chutes d’Iguaçu et plus j’avançais, plus le vacarme de l’eau devenait assourdissant, plus la Lune brillait.
L’eau, la nuit, le bruit, la lumière. La lumière, le bruit, l’eau, la nuit.
La Lune avait rendez-vous avec le Diable.
Magique.
J’étais là.
Un moment inoubliable.

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