Grands migrateurs ou chercheurs d’ailleurs ?

Septembre pointe déjà le bout de son nez et sonne la fin de la grande migration estivale pour bon nombre d’entre vous. Comme chaque année, des millions de français, d’européens, d’étrangers, ont rejoint les territoires du sud en Juillet – Août pour faire le plein de soleil, de bonne humeur, de rosé et d’antipasti… En voiture, en train, en bateau ou en avion, ils ont ensuite emprunté les voies du retour en se faisant la promesse de revenir l’année prochaine…

Sommes-nous pour autant des grands migrateurs des temps modernes, à l’instar des nombreux animaux accomplissant périodiquement des milliers de kilomètres, à la recherche de territoires moins hostiles ? Peut-être qu’il subsiste en nous un instinct primitif et grégaire (au sens zoologique du terme) qui, mêlé à notre envie utopique de se voir en « chercheur d’or et d’ailleurs », nous pousse à accomplir le même manège chaque été.

A des époques relativement précises de l’année, des millions d’oiseaux, d’insectes, de mammifères terrestres et marins, de poissons…, mus par un instinct de conservation de leurs espèces, quittent un territoire donné pour aller à un autre, plus riche en nourriture, plus accueillant pour leur progéniture…, et y passent une saison de leur vie, puis repartent à nouveau vers leur lieu d’origine. C’est peut-être ce même instinct de conservation qui nous pousse à partir sous d’autres cieux plus cléments ?! Tout comme d’autres animaux fuyant les terres arides, à la recherche d’eau et d’herbe verte, nous nous évertuons peut-être, à notre façon, à échapper à un environnement hostile, fait de stress, de fatigue, de morosité et d’habitudes routinières devenues insupportables.

Les gnous, ces infatigables marcheurs

Visionnez la remarquable vidéo de Will et Matt Burrard-Lucas, qui retrace à merveille l’incroyable épopée des gnous à travers les plaines du Serengeti. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Je vous laisse en juger…

Chaque année, périodiquement, en fonction des pluies, la grande migration des gnous anime les immenses plaines du Serengeti entre le Kenya et la Tanzanie. A partir de Mars-Avril, entre un et deux millions de gnous quittent les plaines du Sud pour entamer une marche interminable à la recherche des points d’eau et d’herbe verte et tendre, à travers le Parc National du Serengeti, classé patrimoine mondial de l’UNESCO (s’étalant sur plus de 14 000 km2, c’est le second plus grand parc d’Afrique).

Le trajet migratoire des gnous est différent des autres grands parcours migratoires qui généralement vont en ligne droite d’un point à un autre. Ces grands herbivores, eux, font une révolution autour du Serengeti, en tournant dans le sens des aguilles d’une montre. Vers les mois de Mai-Juin, les gnous poursuivent leur route le long du western corridor (couloir occidental du parc) puis arrivent au Nord du parc vers le mois de Juillet, côté kenyan, d’où ils repartent en Octobre, pour revenir finalement dans le sud en décembre. Soit un voyage qui dure 7 à 8 mois !

L’un des moments les plus spectaculaires, mais aussi les plus cruels  de ce long périple est la traversée de la rivière Mara ou Talec, au Nord du Serengeti, lieux de tous les dangers pour les gnous (noyades des individus les plus faibles, prédation des crocodiles…).

La migration, une sélection naturelle

Si la migration permet aux animaux de trouver des territoires plus favorables à la survie de l’espèce (lieux de pâturages, de reproduction… ), elle permet aussi à la sélection naturelle de faire son travail. Pendant le long périple, beaucoup d’individus seront capturés par des prédateurs (notamment les plus jeunes), et les animaux faibles ou malades n’atteindront jamais la destination finale. Seuls les plus forts finiront le voyage sains et saufs et s’accoupleront, donnant ainsi naissance à une progéniture plus résistante, favorable à la survie de l’espèce.

Visionnez la migration des gnous sur une carte en cliquant ici. (puis cliquez sur l’onglet « Migration Map » pour ouvrir la carte, ainsi que sur la mention en rouge « See migration » en bas à droite pour voir défiler l’animation) 🙂

Et vous, dans quel camp votre cœur bat-il ? Êtes-vous plutôt un grand migrateur ou un chercheur d’ailleurs ?

Dites-nous en laissant votre commentaire en bas de l’article.

A très vite pour d’autres chroniques bestiales,

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