Le Naadam, festival traditionnel en Mongolie

C’est Gengis Khan qui a instauré le Naadam – littéralement les jeux en mongol- en 1206. Ce festival, dont le nom complet est Erijn gurvan naadam, qui signifie « trois jeux virils » visait à célébrer les campagnes victorieuses et à entraîner et sélectionner les meilleurs guerriers dans trois disciplines : la lutte, la course de chevaux et le tir à l’arc. Cette compétition remonte cependant aux temps immémoriaux, les tribus nomades s’étant toujours affrontées au cours de tournois et s’apparente à la fête qui avait lieu auparavant au printemps en tant que rituel de renouveau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Naadam a été institué en fête nationale en 1921 quelques années après que la Mongolie a regagné son indépendance vis-à-vis de la Chine. A Oulan Bator, capitale du pays, le Naadam, à la fois festival et fête nationale célébrant l’indépendance, a lieu du 11 au 13 juillet. Le  Naadam se poursuit ensuite en province tout au long du mois et est une occasion de retrouvailles annuelles pour les nomades et ceux partis vivre en ville.

Cette fête traditionnelle a été inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2010.

Le Naadam est placé sous la protection de divers dieux ou esprits protecteurs par le biais de différents rituels sous formes de danses chamaniques ou de danses de guerriers gengiskahnides par exemple. Le Naadam s’ouvre par le transport, par des cavaliers en armure, jusqu’au stade où ont lieu les jeux à Oulan Bator, des 9 étendards en poils de yaks représentant les neufs clans unifiés par Gengis Kahn.

Les différentes disciplines auxquelles s’est récemment ajoutée celle du tir d’osselets, sont transmises de père en fils au sein des familles.

Les courses de chevaux sont organisées par catégories selon l’âge et le stade reproductif des chevaux. Elles ont lieu en pleine steppe. Pendant la course , longue de 15 à 30 km selon les catégories, les jeunes cavaliers, garçons ou filles, âgés de 5 à 13 ans, psalmodient un chant, gijngoo, pour encourager leur monture. Les cinq premiers chevaux à passer la ligne d’arrivée sont les gagnants. Ceux-ci, mais aussi le dernier arrivé, appelé « riche estomac« , reçoivent des louanges, sous forme de chants et leurs chevaux, une aspersion de lait de jument fermenté : « l’ajrag« . Ce sont les chevaux et leurs entraîneurs qui reçoivent les honneurs et non le cavalier dont le rôle est considéré comme mineur. Les chevaux gagnants sont gratifiés de titres qui varient en fonction de leur rang d’arrivée et selon leur place les années précédentes. Ainsi le cheval qui termine en tête pour la quatrième année consécutive est nommé « monture rapide que la tornade ne rattrape pas« .

Gaëlle Lacaze , « Les parfaits coursiers du Naadam », Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines [En ligne], 41 | 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien que s’agissant de disciplines  dites « viriles »,  les femmes participent aux compétitions de tir à l’arc depuis les années 40.

 

Les archers portent le costume mongol traditionnel, nommé del.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les lutteurs portent aussi un costume spécifique : une culotte brodée, un boléro court qui laisse la poitrine nue pour prouver que les lutteurs ne sont pas des femmes, des bottes épaisses et un chapeau qu’ils remettent à leur entraîneur avant de s’affronter. Ils effectuent une danse de l’aigle avant le combat. Le vainqueur seul l’effectue à nouveau à son issue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Découvrir la Mongolie pendant le Naadam est une occasion unique d’appréhender la culture mongole.