Retours de voyages

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Impressions et témoignages de retour de voyage

 

5 secondes de bonheur intense, Pantanal, Brésil

15 novembre 2010

Témoignage de Gabriel qui a passé quelques jours dans le Pantanal pour observer et photographier sa faune sauvage.
Un voyage sur mesure effectué à deux mais un instant, une rencontre incroyable, qu’il a souhaité partager avec nous :

Jaguar nageant dans la rivière Pixaima

Jaguar nageant dans la rivière Pixaima

« 28 août : nous sommes enfin arrivés, après une promenade matinale pour « humer » les alentours de Santa Teresa.
Premières photos, essai du hamac… il y a vraiment des moments plus durs !

Pour l’après-midi, notre guide, a réservé le bateau électrique pour une balade sur la rivière, nous ne serons que trois personnes, moi à la proue du bateau, mon épouse Anne avec les livres pour l’identification des oiseaux et notre guide à la barre.
Hérons tigre, bihoreaux, martins-pêcheurs…, un monde ailé comme nous l’avions rêvé avant de partir.
La rivière paresse. Nous ne disons rien, il n’y a que le déclic de l’appareil, des gestes pour montrer un oiseau que l’on identifiera plus tard… un calme rare, une sérénité absolue.
Il est environ 16h30 et nous savourons chaque instant.
Tout à coup, 150% d’adrénaline !
Trois ou quatre mètres devant nous, entre les jacinthes d’eau, nage un jaguar !

La scène ne dure que cinq secondes, le temps de prendre quatre photos.
Personne ne parle. Nous nous regardons sans comprendre ce que nous venons de voir !
Le bateau ne faisait aucun bruit avec son énergie électrique et l’animal a été au moins aussi surpris que nous.

Il faudra que je repasse les photos sur l’écran pour que nous soyons bien sûr de ne pas avoir rêvé…!  »

Gabriel Leboff

Jaguar nageant dans la rivière Pixaima
Une leçon peut sans aucun doute est retenue de cette aventure : c’est en respectant l’environnement dans lequel vivent les animaux sauvages que l’on a toutes les chances de les observer dans les meilleures conditions et de vivre des moments rares comme celui-ci.

Voyage effectué en août 2010, avec Etendues Sauvages.

Une rencontre extraordinaire, Pantanal – Brésil

2 septembre 2010

Début août 2010, Pantanal nord

Nous sommes sur la piste de retour menant à notre fazenda, installés sur la plate-forme du 4×4.
Il est près de 22 heures quand notre guide fait signe au chauffeur de couper le moteur du véhicule.
La nuit est noire, et les phares du véhicule et la lampe torche de notre guide sont maintenant éteints.

Quelques longues secondes passent, en silence. Nous sommes tous attentifs mais ne percevons rien.
Notre guide pointe alors sa torche éteinte dans une direction précise, l’allume et, instant exceptionnel, la tête d’un puma apparaît.
Il nous propose de descendre en silence pour le suivre.

Puma, Pantanal en août 2010

Pendant environ dix minutes, nous allons accompagner à pied ce jeune mâle de moins d’un an dans sa chasse nocturne. Magique !

Après une nuit agitée, en grande partie passée à revivre cette situation exceptionnelle, il faut déjà se lever.
Ce matin, nous avons prévu une promenade à pied avec notre guide. Tout est calme lorsque nous arrivons à un point d’eau éloigné de notre fazenda d’un petit kilomètre.

Nous approchons une des extrémités de la mare lorsqu’un groupe de capibaras se précipite à l’eau dans un grand concert de cris.
Une fraction de seconde plus tard déboule derrière eux…  le même puma que celui observé il y a tout juste quelques heures ! La rencontre est incroyable.
Tout à sa chasse, il est autant surpris de nous voir que nous de le retrouver. Et pendant quelques secondes, il hésite entre la fuite et la tentation de poursuivre ses proies.
Le temps pour nous de faire quelques clichés, il renonce et fait demi-tour pour se réfugier sous le couvert.

Encore bouleversés par cette vision extraordinaire, notre guide nous confirme que nous étions bien avec le même individu que la veille.
Il nous précise que, si ce puma avait été plus aguerri (il a moins d’un an), ou nous plus éloigné de l’endroit où il a fait irruption, il aurait probablement prolongé sa chasse jusque dans l’eau.

Le lendemain, notre chance ayant ses limites, nous ne reverrons plus ce magnifique prédateur.
Mais les cercles faits par les vautours dans les airs près du point d’eau et la découverte des restes d’un capibara plus tard dans la journée, nous laisseront à penser que sa chasse n’aura finalement pas été vaine…

Nous sommes d’autant plus conscients de notre chance que notre guide, tout aussi heureux que nous de cette rencontre, nous indique qu’en huit annnées passées quotidiennement à observer les animaux au Pantanal, il n’a vu un Puma que sept fois, dont deux avec nous !
Le Puma a été une rencontre extraordinaire mais nous avons été très chanceux tout au long de notre voyage en observant un jaguar pendant près de trois heures, sans parler des tapirs, fourmilliers géants et aras hyacinthes

Voyage effectué en août 2010, avec Etendues Sauvages.
Images, Eric J.

 

J’ai vu le dragon dans la baie de Ha Long, Viet Nam

1 juin 2010

Réaliser un de ses vieux rêves d’enfant ne se fait pas, en général, en un jour.
En ce qui me concerne, j’ai du être patient et attendre de trop longues années pour pouvoir enfin naviguer dans la baie de Ha Long au Viet Nam.
Je ne sais pas de quelle étrange manière j’ai été imprégné de ce doux rêve. Je n’ai – je n’avais – ni attache ni attirance particulière avec les contrées et les cultures du soleil levant.
Non, je pencherais plutôt pour une révélation lors du visionnage du célèbre film de James Bond, « L’homme au pistolet d’or », qui m’avait dévoilé ces beautés naturelles…et la belle Mary Goodnight ! Hum, j’avais 12 ans à l’époque.
Depuis ces images ne m’ont plus quitté.
Et je suis donc allé à leur rencontre.


Après un trajet d’environ trois heures depuis Hanoi – j’oublie rapidement la pause marchande touristique – j’ai atteint la Baie de Ha Long.
Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, dans le golfe du Tonkin, elle a la particularité d’offrire des paysages karstiques extraordinaires. D’innombrables pitons rocheux, sont plantés là comme par enchantement. D’ailleurs, certaines légendes racontent qu’un dragon serait descendu sur la mer et aurait entaillé une montagne avec sa queue, créant ainsi ces rochers creusés de grottes, couverts de végétation et qui débouchent parfois sur de mystérieux lacs intérieurs qui se referment à marée haute.

Bref, une fois monté à bord de la magnifique jonque traditionnelle, j’ai fait connaissance avec les membres d’équipage qui s’avèrent plus nombreux que les passagers, hospitalité vietnamienne oblige !
Le vent trop fort empêche les grandes voiles oranges d’être déployées quand nous approchons de la première île – Gom ou Ga je ne me rappelle plus. Alors quand on nous a proposé de faire un tour de kayak entre les rochers par cette mer grise et mouvante, j’étais à la fois tendu mais indubitablement excité par l’aventure !

Sur la voie qui nous mène à la grotte Hang Sung Sot, le bateau s’est arrêté près d’un village flottant de pêcheurs. Etrange population que ces hommes et femmes qui demeurent sur ces pilotis toute leur vie. Plutôt insolite ce mode de vie, préservé depuis la nuit des temps, qui consiste à demeurer constamment entre deux mondes sans jamais y pénétrer vraiment. Vraiment charmants tous ces enfants, au regard rieur, aux gestes habiles, véritables funambules sur ces bouts de bois flottants.

Les îles (Coq, Tête d’Homme, Con Coc) toutes plus belles les unes que les autres et les grottes (Me Cung, Luon, Hang Trong, Hang Trinh Nu) se sont succédées durant ces deux jours. Mais nous avons soigneusement évité la masse de touristes à celle de Koh Pannyi (l’île des Gitans de la Mer), célèbre pour son village lacustre protégé par un majestueux rocher monolithique et à l’île de Koh Pinggan (l’île de James Bond). Damned ! Je ne foulerais pas le sable de mon idole d’enfance, snif !

En revanche, j’ai pu profiter de la sérénité et du calme de notre jonque, sillonnant tranquillement la baie de Ha Long à la recherche de plages paradisiaques, à l’ombre des falaises abruptes qui se dressent hors de l’émeraude des eau.

C’est drôle, mais durant ce parcours nautique, j’ai toujours eu la sensation de la présence de ce dragon, l’impression qu’il pouvait surgir à chaque instant de derrière ces rochers et fouetter l’eau, la roche et la végétation de sa queue.
Et moi j’aurais été emporté par une vague géante et je me serais échoué pour le restant de ma vie sur une de ces plages idylliques du Viet Nam

Merci James Bond !

Le glacier Perito Moreno est vivant ! Argentine

31 mai 2010

Après moultes hésitations et quelques recherches sur le net, nous avons finalement décidé d’aller voir le glacier Perito Moreno.

Nous avons attendu une journée où le temps était plus clément. Il pleut souvent près du glacier et les montagnes sont presque toujours dans les nuages. On a prit le bus à El Calafate, ville principale du parc national Los Glaciares situé en patagonie argentine, pour 1h30 de route environ.
Enfin nous arrivons. Il commence à pleuvoir. J’ai super froid. Je comprend mieux pourquoi tout le monde est si chaudement habillé. Le vent, qui souffle sans discontinuer, rend l’air saisissant de froid. Je me rappelle alors que j’ai au fond de mon sac à dos, une veste coupe-vent. Je n’ai jamais été aussi contente de la voir !

Avec notre guide et un petit groupe, nous commençons à marcher au bord de l’eau sur le sentier côtier pour arriver à proximité des gigantesques passerelles panoramiques qui longent sur plusieurs kilomètres le glacier, permettant de l’observer sur ses deux faces nord et sud.
Aujourd’hui pour nous ce sera le nord.
Plus on avance, plus le ciel se dégage et plus la couleur du glacier est intensément bleue.
L’un des symboles de la Patagonie se dévoile sous nos yeux.

On peut aussi descendre presque au niveau de l’eau ou monter au-dessus de ces passerelles pour admirer la vue sur l’étendue de glace d’un bleu limpide.
Un spectacle à couper le souffle ! Comment ne pas se laisser émerveiller par une telle force de la nature ?
Le glacier Perito Moreno est un des glaciers les plus grands du monde, 60 m de haut et 5000 m de long, de quoi en époustoufler plus d’un.
Il est vraiment magnifique.

Tout à coup, on a entendu un son assez sourd et effrayant. Puis on a aperçu un sérac monstrueux se détacher de la paroi du glacier et est tombé dans l’eau en soulevant une immense vague qui a submergé la rive. C’est là qu’on se rend compte que le glacier est vivant, il vit de l’intérieur. Comment une telle masse de glace peut-elle être aussi imposante et frêle à la fois ? On a l’impression qu’un simple coup de vent – et quelques degrés de plus – va la disloquer en mille morceaux qui iront s’abimer dans les eaux glacées en formant alors des icebergs flottant au loin sur le Lago Argentino.

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Après plus d’une heure à se balader d’un côté de l’autre des passerelles, à prendre des dizaines de clichés de ce glacier décidement très photogénique, nous décidons d’enfiler les crampons que notre guide avait emmener pour un minitrekking.
Hop ! Nous marchons sur la glace. Un pur instant de bonheur que de chevaucher ce géant vivant.

Il est midi passé. Nous nous retrouvons dans une petite estancia à proximité du glacier, à partager en toute convivialité un « asado » traditionnel arrosé d’un petit Malbec de derrière les fagots.
Après l’effort, le réconfort…

Rendez-vous avec la lune aux chutes d’Iguaçu, Argentine
L’Argentine et les saveurs du nouveau monde

Dans l’enfer sublime des Geysers del Tatio, Chili

4 mai 2010

C‘est un sentiment étrange et pénétrant que d’avoir à cotoyer, lors d’un voyage, la beauté et la terreur, que de ressentir la crainte et le respect, que d’apprécier la tranquillité et la fureur.
Comme si l’eau se mêlait au feu, la chaleur au froid intense, le paradis à l’enfer.
Et si le paradis existe, l’enfer ne doit pas être trop loin.
Peut être au Chili, sur l’altiplano, dans la région d’Antofagasta, au pied des volcans, là où jaillissent les nombreux et sublimes geysers del Tatio.

Je m’y suis rendue encore toute somnolante après une trop courte nuit passée à San Pedro de Atacama.
Mon guide local m’avait conseillée de m’y rendre bien avant le lever du soleil et ses propos, teintés d’admiration et d’angoisse, résonnent encore dans ma tête. C’est donc peu rassurée mais curieuse que j’avalais, à 4heures du matin, les kilomètres de la piste sinueuse qui me menait aux geysers.

Car c’est à l’aube que l’on peut admirer ces colonnes de vapeur étonnantes, bruyantes et éphémères.
Ce phénomène n’a finalement rien de bien occulte pour des géologues avertis puisqu’il résulte de la forte amplitude de température existant entre la nuit et le jour. Mais l’ambiance et les conditions qui l’entourent contribuent à entretenir l’énigme et le mystère des geysers pour la touriste que je suis.

Chili Geysers Del Tatio

Je me prends facilement au jeu. D’autant plus que sur place, la scène est étonnante. L’odeur du soufre, la nuit et le bruit des geysers révèlent un spectacle incroyable.
Dans l’air froid du matin et grâce à l’altitude – plus de 4 000m – des nuages de vapeur montent parfois jusqu’à dix mètres de haut.
A pied, je zigzague entre les geysers et par moment je ne sais plus très bien où je me trouve. Tous mes sens sont en éveil mais arrivent à saturation. Trop de bruit, peu de repères visuels. J’ai froid. Je tatonne plus que je ne marche. Je suis entourée de vapeurs, je ne vois plus rien, la fumée des geysers m’aveugle. Je cherche mon souffle, l’odeur âcre m’asphixie. Je sens que je perds contrôle dans ce tourbillon saisissant. Et puis…

Et puis la timide chaleur du soleil naissant se fait plus insistante. Certaines colonnes de vapeurs tentent de résister face à ses attaques devenues mordantes puis disparaissent dans les profondeurs de la terre d’où elles étaient sorties. Pendant un temps, je ne sais qui sortira vainqueur de cette bataille naturelle.
Mais finalement, plus le temps passe et plus la chaleur du soleil dissipe les fumées.
A 10h il n’a plus rien. La surface de la terre retrouve toute sa quiétude.

Je suis groggy, comme un boxeur assommé par les coups sourds de son adversaire.
Etourdie, je réalise que pendant près de trois heures, les geysers del Tatio m’ont livré un spectacle vraiment magique, étonnant et admirable, que j’ai vécu au plus près de la nature et des sources de la Terre.

L’île de Pâques bientôt sans soleil ?
Les cascades sans retour d’Agua Azul, Mexique
Rendez-vous avec la lune aux chutes d’Iguaçu, Argentine

Les cascades sans retour d’Agua Azul, Mexique

20 avril 2010

Il est parfois des lieux où l’on aimerait se perdre, disparaître, pour ne vivre que pour soi ces quelques instants qui nous font tant aimer la vie.
Il est parfois des lieux où certains sourires éclairent notre existence et nous redonnent confiance dans la beauté du monde.
Il est parfois des lieux que l’on ne peut oublier.

Ce jour là, je résidais à Palenque, ville au centre de l’état du Chiapas au Mexique.
Perdu en pleine jungle, royaume des singes hurleurs et de la douce chaleur humide, Palenque est l’un des sites les plus impressionnants de la civilisation Maya.
J’étais partie en fin d’après-midi pour aller aux cascades d’Agua Azul dont les longues suites de bassins naturels d’eau fraîche ravivaient déjà mes sens.
C’était le mois de mai et j’imaginais rêveusement la couleur de l’eau d’une beauté turquoise.
Malheureusement le soir tombait quand je suis arrivée en haut de la vallée. Je suis néanmoins descendue à pied jusqu’aux cascades et là j’ai compris qu’il était trop tard pour rentrer.
Tous les touristes étaient repartis. J’étais seule.
Seule pour admirer le sublime coucher du soleil. Certes. Mais la nuit recouvrait peu à peu l’eau, les cascades, les arbres.
Trop dangereux pour faire demi-tour. Surtout sans lampe. Il fallait donc dormir sur place.
















C’est dans ces moments là que la magie opère. A l’instant où l’angoisse pointe, l’espoir jaillit et la submerge.
Devant mon désarroi, un jeune homme de la communauté indigène des Tzotziles, descendants du peuple Maya, m’a simplement accueillie dans sa maison pour m’abriter. Adoptée par sa famille, j’ai partagé ma baignade nocturne avec les enfants du village dont les éclats de rires n’avaient d’égal que la beauté du ciel étoilé.
A mon réveil le lendemain, j’avais le sentiment étrange d’avoir rêvé. Mais les cascades d’Agua Azul étaient toujours là, le mur vert de la jungle nous protégeait encore, la couleur de l’eau n’avait pas changé et les enfants m’attendaient pour jouer dans les remous cristallins.
Un moment de vie intense.

Rendez-vous avec la lune aux chutes d’Iguaçu, Argentine

Rendez-vous avec la lune aux chutes d’Iguaçu, Argentine

6 avril 2010

Mon guide locale de Foz do Iguaçu, Véronica, m’avait prévenu : approcher les chutes d’Iguaçu du côté argentin ne pouvait être une randonnée comme les autres.
Il était impératif pour elle de les voir autrement, à sa façon, c’est à dire en évitant la balade rapide et superficielle, la faune touristique, les photos prises à la va-vite et les clichés de Mr tout le monde. Il fallait se laisser surprendre et s’imprégner de la magie de l’endroit.
Elle avait raison. Et je lui suis encore aujourd’hui reconnaissant.
A la nuit tombée, vers 22h, je me suis donc retrouvé en sa compagnie à l’entrée du parc national. En pleine forêt, dans la douce moiteur de l’hiver, on pouvait entendre le chant des oiseaux nocturnes. Nous marchions vers je ne sais où, nos pas faiblement éclairés par la lueur d’une lampe timide.
Mais parfois, en levant la tête, j’avais l’impression étrange que nous étions guidés, comme happés par une lumière lointaine qui transperçait le sombre feuillage et semblait nous attirés vers le murmure pénétrant des chutes d’eau.

A la sortie de la forêt, le spectacle lunaire était là.

Saisi par cette beauté inhabituelle et extraordinaire, je traversais la passerelle, jetée au dessus du fleuve Parana, vers la « garganta del diablo » (gorge du Diable).
La Lune n’arrêtait pas de me fixer. Ou était-ce moi qui ne pouvait dégager mon regard de sa luminescence.
J’avais en face de moi ce disque lumineux qui éclairait toute l’immensité des chutes d’Iguaçu et plus j’avançais, plus le vacarme de l’eau devenait assourdissant, plus la Lune brillait.
L’eau, la nuit, le bruit, la lumière. La lumière, le bruit, l’eau, la nuit.
La Lune avait rendez-vous avec le Diable.
Magique.
J’étais là.
Un moment inoubliable.

L’Argentine et les saveurs du nouveau monde
Du canoë à Ushuaia, en Patagonie
Les cascades sans retour d’Agua Azul, Mexique